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22nd May, 2026
En Inde, le cancer du poumon est la principale cause de mortalité liée à l'invalidité. Longtemps considéré comme une maladie touchant principalement les hommes et associée au tabagisme, il est aujourd'hui de plus en plus fréquent chez les femmes, notamment non-fumeuses, remettant en question des idées reçues. Cette tendance souligne le rôle croissant de facteurs de risque non liés au tabac, tels que la pollution de l'air intérieur, le radon, l'exposition à l'arsenic, les particules fines et l'inflammation chronique des voies respiratoires.
Les études épidémiologiques montrent une proportion plus élevée de de cancer des poumons En Asie de l'Est, environ un tiers des cas de cancer du poumon touchent des non-fumeurs. Les femmes indiennes présentent des vulnérabilités génétiques spécifiques. Des variants des gènes CYP1A1, GSTM1 et GSTT1, codant pour des enzymes responsables de la détoxification des substances cancérigènes, sont très fréquents dans les populations d'Asie du Sud, altérant la capacité de l'organisme à neutraliser les toxines inhalées. Les femmes non-fumeuses ont plus de deux fois plus de risques de développer un cancer du poumon que les hommes non-fumeurs.
Une étude récente menée au Karnataka a révélé une évolution inquiétante des tendances en matière de cancer du poumon. Les chercheurs ont suivi 89 femmes de moins de 50 ans – aucune n'ayant jamais fumé ni vécu dans un foyer de fumeurs – pendant cinq ans. La plupart des patientes présentaient un symptôme simple mais persistant : une toux sèche durant environ trois mois. Pourtant, près de 70 % d'entre elles ont été diagnostiquées à un stade avancé (stade IV). La majorité de ces femmes avaient été exposées de manière prolongée à des environnements de cuisson mal ventilés. Le chauffage répété de l'huile de cuisson génère des substances cancérigènes telles que les hydrocarbures aromatiques polycycliques et les aldéhydes réactifs, qui induisent des lésions oxydatives de l'ADN et favorisent les mutations, notamment du gène EGFR. Ces mutations contribuent aux mutations de l'EGFR fréquemment observées chez 40 à 50 % des adénocarcinomes pulmonaires chez les non-fumeurs indiens, une proportion bien plus élevée que dans les populations occidentales. La détection de cette mutation grâce à de nouvelles plateformes de test a révolutionné le traitement du cancer du poumon, permettant de passer de quelques mois à plusieurs années de survie avec une excellente qualité de vie.
De nouveaux risques aggravent encore la situation. Malgré les interdictions réglementaires, l'usage de la cigarette électronique est en hausse, exposant les individus à des aérosols toxiques, notamment chez les jeunes femmes urbaines qui les perçoivent comme « sans danger ». Ces aérosols contiennent du formaldéhyde, du diacétyle, des métaux lourds et des particules ultrafines susceptibles de provoquer un stress oxydatif et des lésions de l'ADN. Par ailleurs, la grave pollution atmosphérique en Inde, avec une exposition généralisée aux PM2.5, au dioxyde d'azote et aux gaz d'échappement, augmente considérablement le risque de cancer du poumon, même sans consommation de tabac.
Nous recommandons systématiquement un dépistage annuel par tomodensitométrie à faible dose (TDM-LD) pour les femmes indiennes non-fumeuses à haut risque âgées de 40 à 74 ans qui cuisinent quotidiennement à l'intérieur pendant plus de 10 ans, qui vivent dans des cuisines mal ventilées, qui ont des antécédents familiaux de cancer du poumon au premier degré, qui résident dans des zones à forte pollution avec un IQA > 150, une exposition chronique > 5 ans ou une mutation EGFR/ALK confirmée chez les membres de la famille.
Le principal enseignement à retenir est simple mais essentiel :
« Vos poumons sont importants – écoutez-les quand ils parlent. »
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