Accueil/Zone de bien-être/Blogs Sakra
24 février 2017
Les cancers de la tête et du cou apparaissent dans de multiples localisations et sous-localités, la plupart du temps détectés si tard que le traitement oncologique comprend une intervention chirurgicale importante et des défauts fonctionnels postopératoires chez l'individu, provoquant des changements esthétiques importants, des difficultés à avaler, à mâcher, à respirer et à parler. La détection précoce de ces tumeurs est donc l'un des principaux facteurs de succès du traitement.
Les efforts visant à détecter le plus tôt possible les maladies malignes ont conduit au développement de nouvelles méthodes d'examen endoscopique. L'examen endoscopique est ainsi devenu une pierre angulaire du diagnostic et du traitement des cancers des voies aérodigestives supérieures. Cependant, un laryngoscope à lumière blanche conventionnelle (LBC) présente des limites techniques pour détecter les lésions petites ou superficielles sur la muqueuse. L'imagerie à bande étroite, en particulier combinée à une endoscopie grossissante (EM), est utile pour la détection du carcinome épidermoïde superficiel (SCC) dans l'oropharynx, l'hypopharynx et la cavité buccale.
L'imagerie à bande étroite (NBI) est une nouvelle technique endoscopique qui améliore la sensibilité diagnostique des endoscopes pour caractériser les tissus en utilisant des filtres à bande étroite dans un système d'éclairage séquentiel rouge, vert et bleu. Elle exploite le modèle néoangiogénétique de la vascularisation, permettant ainsi de différencier les affections bénignes et malignes/pré-malignes. Ce filtre coupe toutes les longueurs d'onde de l'éclairage à l'exception de deux longueurs d'onde étroites. L'une de ces longueurs d'onde est de 415 nm, ce qui correspond au spectre d'absorption maximal de l'hémoglobine pour mettre en valeur l'image des vaisseaux capillaires sur la muqueuse superficielle. Les lésions superficielles sont identifiées par des changements de tonalité de couleur et d'irrégularité de la muqueuse superficielle lors des examens endoscopiques.
Le NBI est une technique non invasive qui peut être réalisée en consultation externe sans anesthésie générale. Le système NBI est constitué des mêmes composants que les systèmes vidéo endoscopiques conventionnels : source lumineuse, unité de caméra et tête de caméra ou endoscope vidéo équipé d'une puce. Le filtre bleu améliore l'image des vaisseaux capillaires (IPCL - Intraepithelial Papillar Capillary Loops) sur la surface muqueuse. La lumière de longueur d'onde de 540 nm pénètre plus profondément et met en évidence le plexus vasculaire sous-muqueux. La réflexion est capturée par une puce à dispositif à couplage de charge (CCD) et un processeur d'image crée une image composite en pseudo-couleur, qui est affichée sur un moniteur, permettant au NBI d'améliorer le contraste de la muqueuse sans utiliser de colorants.

Muqueuse nasopharyngée saine en lumière blanche (A) et NBI (B).
Les vaisseaux sous-muqueux sont visualisés avec un contraste plus fort.

Dysplasie à Vallecula en lumière blanche (A) et NBI (B).
Les modifications sous-muqueuses en cas de dysplasie, de carcinome in situ peuvent être appréciées sous forme de points bruns répartis de manière irrégulière dans une zone bien délimitée. Le NBI s'est donc avéré utile dans les biopsies ciblées des zones suspectes et pour déterminer les limites de la résection.

Pour le suivi après la radiothérapie
Le NBI présente une sensibilité élevée (91.3 - 100 %) et une spécificité (91.6 - 98 %) dans le suivi des patients atteints d'un cancer de la tête et du cou.

Propagation supraglottique (du carcinome glottique) bien appréciée sur NBI.

Modifications dysplasiques ; points bruns sur le NBI
LIMITES DE L'IBN : Comme il dépend de la visualisation directe de la muqueuse, les conditions qui empêchent la visualisation directe peuvent altérer les résultats obtenus, par exemple, la salive accumulée, le mucus collant ou les lésions verruqueuses où l'épithélium présente une couche d'hyperkératose qui empêche la visualisation de la sous-muqueuse. Le papillome laryngé est une autre entité pour laquelle l'IBN ne peut pas faire la distinction entre les lésions bénignes et malignes.

Papillome laryngé
Le NBI s'est révélé être un outil de dépistage utile pour les tumeurs malignes aérodigestives, ainsi que pour la stadification préopératoire, peropératoire et postopératoire des patients atteints de carcinome épidermoïde de la région de la tête et du cou. Le NBI est donc de plus en plus utilisé en otorhinolaryngologie comme méthode de dépistage pratique pour la détection de nouvelles maladies, mais aussi pour le suivi des patients après le traitement de tumeurs malignes de la tête et du cou, lorsque la détection précoce d'une éventuelle récidive est cruciale.
Demande